ROSEMARY the angels' share Sans prétention ni ambition démesurée, les français de ROSEMARY continuent de distiller leur attachant punk grungy au compte-gouttes, avec ce dernier 4 titres faisant suite à "Tracks for a lifetime" (2007), 8 chansons au compteur et à The Bland Anthems (2005), maxi 3 titres. C'est dire si le trio de Chambery sait prendre son temps pour nous concocter ses perles de rock nourries à l'overdrive de guitare, brulots qui fusent sur la route du quatre temps, primaires et essentiels pour nos oreilles parfois, et à meme de réveiller quelques précieuses sensations adolescentes. Souvenez-vous de ces années où le message de Cobain se répandait sur la generation 90's avant de se faire définitivement happer par un star-system qui accélérait ce destin fatal. Une sacrée époque. C'était ça : un riff génial et souvent con comme la lune, qui vous collait à la peau durant des jours, voire des semaines. Un cri également, une rage qui allait se frotter à l'agressivité du metal tout en gardant une sensibilité ancrée dans le rock. Et on ne compte pas les vocations guitaristiques nées après coup, puisqu'apres tout, cet univers là semblait touchable du doigt, un dérivé du punk jouable par le plus manchot des gauchers, avec un minimum de bonne volonté. ROSEMARY donne l'envie, justement, d'empoigner sa guitare et de chanter la simplicité, tout en veillant à respecter une formule mélodique imparable, faite de refrains coups de poing compris en un rien de temps, et de lignes de chant faussement naïves. On sent là un plaisir d'écriture tout en légèreté qui ne s'embarrasse d'aucune disgression, d'aucune tentative de sonner autrement que le plus concis possible. 13 minutes... C'est une étincelle cet EP, et s'il n'y a qu'un regret à émettre, c'est celui de ne pas en avoir bien plus ! Seule solution, mettre en boucle et faire comme si de rien était, d'autant plus que le dernier morceau, "Half A Girl", est un petit joyaux acoustique à la ritournelle amère où plane le spectre nirvanesque façon "Polly", c'est à dire à chanter au coin du feu pour mettre à coup sur des étoiles dans les yeux des nanas... A défaut d'innover, ça le fait grave. METALLAND http://www.metalland.org/php/chronique.php?id=2397