ROSEMARY the angels' share Un an après le remarqué "Tracks For A Lifetime", voilà que les frenchies de ROSEMARY reviennent nous envoyer leur grunge à la gueule avec un nouveau maxi "The angels' share" sur Minimal Chords. Du grunge ? 15 ans après la fin de cette époque et le suicide de Kurt Cobain ? La démarche n'est pas banale de nos jours peut etre, mais ô combien casse gueule. Pourtant, ROSEMARY tient bon contre vents et marées depuis sa création et réussit au fil de ses réalisations à dégager un aplomb indéniable. Difficile de ne pas penser à Nirvana quand on parle de grunge. Difficile donc pour un groupe de se détacher de cette aura made in Seattle pour dégager sa propre personnalité. Qui plus est, la marge de manœuvre est assez étroite quand on sait que c'est justement le son de Seattle (et de Nirvana) qui fait que le grunge c'est du grunge... Mais ROSEMARY n'en a cure et va nous balancer directement un "Not really happy" carrément décérébré comme pour nous montrer que le trio n'a pas peur des comparaisons avec ses illustres aînés. A partir de là, la démarche de ROSEMARY est simple : le groupe fait la musique qui lui plaît sans se soucier du qu'en dira t-on et compte bien nous l'envoyer à la gueule. Bien sûr, on notera rapidement que l'influence de Kurt et sa bande plane parfois au-dessus de "The angels' share", notamment dans le chant ou dans quelques riffs typiques, mais il faut avouer que ROSEMARY a su digérer cette énorme influence pour tracer sa propre voie en ajoutant à sa musique un coté alternatif et des attaques punk rock. Pas nouveau certes car de nombreux groupes sont déjà passés par là (Destruction Inc. ou The Last Brigade), mais le trio arrive aisément à tirer son épingle du jeu grace à une direction artistique sans concession et ouvertement rentre dedans. En effet, ROSEMARY réussit le difficile exercice d'évoluer dans une musique accrocheuse et efficace sans pour autant en faire des caisses ni se perdre dans des plans à rallonge... Un peu à la manière de Nirvana ("Before it hurts"). Mais là où le groupe va faire la différence c'est dans le chant. En effet, le guitariste/chanteur Thomas L. Thorstenn va nous gratifier de lignes vocales éraillées empreintes d'un panel d'émotions relativement large. A partir de là, il sera facile pour ROSEMARY de développer des compositions dignes de ce nom, qui rentrent dans le cervelet pour ne plus en ressortir ("My favorite one", "Before it hurts "). Derrière, la section rythmique basse/batterie ne va jamais etre prise en défaut et nous réserve quelques parties bien senties sans fioritures... mais redoutables ("Not really happy", "My favorite one"). Petite cerise sur le gateau, ROSEMARY va cloturer "The angels' share" par un morceau acoustique, "Half a girl" du plus bel effet. Un moyen de nous laisser entrevoir une nouvelle facette de son univers et de permettre à l'auditeur de découvrir le trio sous un prisme différent. En seulement 11 minutes, ROSEMARY vient de nous prouver qu'ils avaient les épaules pour soutenir une musique grunge typée 90's à la sauce punk rock. Reste à savoir comment le trio pourrait imposer sa musique sur la scène électrique hexagonale mais force est de constater que la discographie du groupe plaide en sa faveur. Ici à Metal Sickness, on attend de voir ROSEMARY en live pour s'en prendre plein les oreilles ! METAL SICKNESS http://www.metalsickness.com/chronique.php?id_chronique=1623