ROSEMARY tracks for a lifetime Ambitieux les Rosemary ? Alors que leur discographie compte pas moins de sept galettes (en comptant les lives et autres démos), leur nouvel album, modestement intitulé "Tracks for a lifetime", semble être le plus abouti. Je m'explique : prenez le meilleur du grunge des années 90, saupoudrez de riffs saturés, d'un son pourri à souhait, et d'une voix éraillée et déraillée. Tout ça donne Tracks for a lifetime. Alors, est-ce vraiment huit « morceaux pour une de vie » ? Et Rosemary, le groupe d'une génération ? Trois ans après le maxi The bland anthems, Rosemary remet ça. Ses huit nouveaux titres sentent le grunge féroce. Le trio, originaire de Chambéry fait dans le punk rock. Le sauvage, celui des puristes. Leur son est très influencé par toute la période grunge des 90's, Nirvana en tête. D'ailleurs, dès le premier titre, Oh no more, le rapprochement est immédiat. La réussite de cet album réside dans le refus du lisse, du commercial, du facile. Le son reste cradingue et saturé (celui de l'autoprod), quand celui de la fin des années 1990 avait complètement lissé le punk rock. Au contraire, ici c'est 24 minutes de guitares saturées, de chant désespéré mais rageur, de grunge puissant. On est dans l'urgence, le vif. D'ailleurs sur Nose droppings on quitte l'univers nirvanesque, pour un autre plus torturé, servi par une voix beaucoup plus profonde. Le groupe réussit souvent à décoller l'étiquette punk pour élargir son répertoire. Bonne chose. Pareil pour le mélodique Neither do I, nettement plus posé. L'album se referme sur Whatever happens to me, dernier rugissement bestial. Avec Oh no more du début, la boucle est bouclée. En somme, il serait faussement réducteur de placer Rosemary dans l'ombre de ses aînés. Le groupe a vraiment un son à lui. Il pourrait renouveler le punk rock, ce qui n'est quand meme pas rien. UNDER GRE http://www.under-gre.com/article.php?idarticle=81